Discovery : un fiasco franco européen
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Impulsé par la France, le programme d'essai clinique Discovery tourne à la démonstration du dysfonctionnement européen face à la crise du coronavirus.

3 200 patients, 5 branches de recherches et l'Europe à l'oeuvre pour réaliser un essai clinique en urgence: c’est le programme Discovery, porté par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Voulu éclair par Emmanuel Macron au cœur de l'épidémie, le programme de recherche doit apporter des réponses à une population sous la menace d'un virus pour lequel nous manquons de données cliniques. 

Prévu dans un premier temps pour être composé de 4 branches d'études, l'hydroxichloroquine fera son apparition dans l'essai in extremis. Le conseil d'experts de l'INSERM pilotant le programme sous la direction de Florence ADER n'ayant pas retenu le traitement du Dr Raoult, un comble. C'est donc bien 5 branches de recherches qui seront finalement à l'étude, sous pression du gouvernement. Pour des raisons de temps, la méthodologie habituelle en "double aveugle" qui consiste à insérer des placebos sera remplacée au profit d'une approche fondée sur l'analyse des données validées expérimentalement.  Le coût de prise en charge et de gestions des données est particulièrement élevé : 5 000 euros par patients soit un budget total  estimé de prêt de 20 millions d’Euros.

Les branches à l’étude :

remdésivir, un antiviral injectable utilisé dans la recherche clinique contre Ebola, mais qui ne dispose d'aucune AMM ;

lopinavir/ritonavir (distribué sous la marque Kaletra), un traitement anti-VIH ;

lopinavir/ritonavir et interféron bêta, une molécule naturellement produite par le système immunitaire ;

hydroxychloroquine

Une cinquième branche correspond à un groupe référence de patients ne recevant aucun traitement avec un protocole de soins standards.

Une série de couacs :

Le programme recensait 731 patients au dernier recensement, dont 730 patients… français et un patient en provenance du Luxembourg. On est bien loin des 3 200 patients requis, tout comme nous sommes bien loin d’un programme Européen… Les promesses du président Emmanuel Macron d’afficher les premiers résultats à la mi-avril sont désormais évanouies, l’étude ayant recruté ses premiers patients le 22 mars dernier. Un nouveau conseil d’experts doit se réunir le 14 mai, mais on peut d'ores et déjà dire qu’il n’aboutira à rien, fautes d’inclusions suffisantes dans les branches d’étude.

L'histoire d'une concurrence politique entre les états :

Une pénurie de remdésivir marquera le premier gros coup d’arrêt du programme. Deux semaines d’interruption complètes en plein cœur de la pandémie. C’est ensuite un problème de recrutement de patients qui souhaitent massivement être traités par hydroxychloroquine. Une affaire bien mal engagée donc…

Viendra ensuite l’Europe qui tournera le dos au programme français Discovery. L’Italie et l’Espagne, d’abord, se tournent vers le programme Solidarity (également soutenu par l'OMS), bien moins contraignant, et surtout moins cher. Le récent émancipé Royaume Uni monte son propre programme baptisé Recovery. L’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et le Portugal discutent toujours pour rejoindre les anglais, tournant ainsi le dos aux français.  La Belgique ne participe ni à Discovery, ni à Solidarity. Partout, on commence à pointer un nouvel échec de l’Europe, pourtant au cœur de la pandémie mondiale de coronavirus. 


La suite est mathématique, l’épidémie en baisse, le nombre de patients admis à l’hôpital diminue de jours en jours… Les chances d’inclusion de nouveaux patients s’amenuisent proportionnellement, c’est ainsi tout le programme qui pourrait s’effondrer, un comble. La mésentente coûte chère. À 5 000 euros par patients, on peut estimer aujourd’hui les dépenses sans aucun résultats palpables à 3,6 millions d’euros… Les personnels hospitaliers apprécieront.

Si on peut imputer une partie de l’échec actuel du programme à l’immense attrait du grand public vers l’hydroxychloroquine, on ne peut que souligner l’effet délétère d’une compétition entre les programmes, chacun, à l’image du traitement, voulant tirer la couverture vers lui, tant politiquement que scientifiquement.

 

L'essais cliniques "Européen" n'avance donc pas. Alors que les premiers résultats étaient attendus fin  mars, il semblerait bien que l'on s'oriente vers un échec du programme.



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